Lundi 2 avril 2012 1 02 /04 /Avr /2012 19:38

Par femmes de paix

RESEAU DES FEMMES EN NOIR ITALIENNES : Militarisation et pratiques des Femmes en Noir


La situation en Italie

Malgré l’art.11 de notre Constitution (« L’Italie repousse la guerre comme étant un instrument qui est attentatoire à la liberté d’autres peuples et comme moyen de résolution de conflits internationaux »), l’Italie est un pays en guerre qui est impliquée dans un combat hors de ses propres frontières, au Kosovo, et maintenant en Libye en participant vraiment aux bombardements. L’Italie est une membre de l’OTAN, et il faut garder à l’esprit la gravité de la transformation des objectifs de l’alliance, effectuée par le traité de 1999, qui a changé la stratégie de défense contre une attaque et a élargi sa portée jusqu’à couvrir le monde entier, étendant ses droits à la défense quand elle est menacée dans ses intérêts (économiques, en rapport avec l’énergie, etc…).

Etre membre de l’OTAN entraîne des obligations et impose, en même temps que l’augmentation des forces armées et des armements, l’expropriation de terres pour les bases militaires et les structures de commandement, l’utilisation militaire de ports, d’aérodromes et de voies ferrées, ainsi qu’une politique étrangère basée sur l’usage de la force pour protéger des intérêts, exerçant une forme de domination du monde et représentant une menace constante pour la paix.

 

L’Italie est un pays en crise économique et politique  : de même qu’on assiste à une distribution des richesses de plus en plus inégale, nous sommes témoins d’une attaque contre nos institutions démocratiques et une impulsion très forte à une centralisation du pouvoir dans les mains d’un gouvernement qui ne supporte aucun contrôle démocratique. Le pouvoir se trouve dans les mains d’une personne du genre masculin et/ou avec un état d’esprit masculin, qui est souvent non qualifié et attentif uniquement à ses propres intérêts ou à ceux de cliques qui sont souvent corrompus et dangereux. Des éléments visibles de cette situation est le manque total d’intérêt de la part de gouvernements pour la société et l’environnement – avec la dégradation qui en découle pour les deux, la réduction des droits de la majorité des gens en faveur des privilèges de quelques-uns, la criminalisation de « l’autre » (des migrants aux Roms, et pour qui est dissident), l’impunité du puissant, le processus de précarisation de la main d’œuvre et la marginalisation empirant constamment des secteurs plus faibles.

 

La militarisation

 

Il y a certains faits explicites, comme l’augmentation des dépenses militaires à un moment de diminution des dépenses pour les soins de santé, l’éducation, l’assistance, la sécurité sociale, l’environnement et la culture. Notre pays est actuellement rangé à la huitième place du monde pour les dépenses militaires et est impliqué dans 27 missions d’outre mer. En Italie, il y a 110 bases militaires US/OTAN, certaines avec des têtes nucléaires et on est en train d’en construire de nouvelles, par exemple à Vicenza.

La présence militaire contamine l’environnement dans les zones de guerre et aussi dans les bases militaires, les portées de feu, l’espace aérien et les mers. L’Italie est impliquée dans la production, la vente et le trafic d’armes (l’Italie est parmi les cinq pays au sommet pour l’exportation des armes) y compris à des pays impliqués dans un conflit dans le sud du monde. C’est facilité par des accords militaires bilatéraux et de coopération de sécurité, comme ceux avec Israël et la Libye.

 

Il y a aussi une militarisation interne : les côtes et les frontières sont militarisées. La peur et l’hostilité vis-à-vis de la pression migratoire entraîne une répression inhumaine et féroce des immigrants. Et la Méditerranée devient une zone de conflit  et de plus en plus la tombe de ceux qui fuient la pauvreté et la guerre – dont nous sommes si souvent responsables.     

 

Ce modèle militaire répressif a aussi été adopté pour la « sécurité » intérieure – par exemple, on emploie l’armée pour des fonctions d’ordre public dans les marchés de nos villes grandes et petites ; les chantiers d’ordures sans fin dans la région qui entoure Naples sont gardés par des soldats, traités comme des zones militaires où il est interdit aux citoyens d’entrer, soumis aux lois de secret militaire ; après qu’un tremblement de terre ait détruit la ville de L’Aquila, il y a deux ans, la population a été forcée de quitter ses maisons et logée dans des villes de tentes sous contrôle militaire – la dissidence a été réprimée et traitée comme un problème d’ordre public. Avec les circuits de caméras proches installées dans nos villes, l’affreuse situation de monopole et de censure des masses média nous rappelle tous les jours que nous sommes des citoyens avec des droits limités.

 

Quand nous parlons de militarisation, nous ne voulons pas simplement dire la présence militaire, les armes, les bases. Nous pensons aussi à la militarisation des esprits. Le mot sécurité est répété de manière obsessive dans les journaux, à la radio et la télévision, dans les discours officiels ; les hommes – et plus particulièrement les femmes – devraient se méfier des autres, les immigrants, les Musulmans, les Roms et devraient ressentir une peur incontrôlée, gérable seulement en éloignant les autres de nous, en particulier par la force et de préférence la force armée. La légitimation de l’usage de la force signifie aussi qu’on défend les femmes contre des barbares envahissants, tandis que la violence domestique contre les femmes et les enfants est en forte augmentation.

 

En même temps qu’une dégénération progressive des principes fondateurs d’un état qui se définit constitutionnellement comme laïc, on peut voir l’Eglise catholique acquérir un rôle de plus en plus envahissant dans les sphères de l’éducation et de l’assistance sociale, entraînant un effet notable sur les choix disponibles en matière de bioéthique et sur des lois qui tendent à imposer le contrôle du corps des femmes et de réduire les droits et l’autonomie qui avaient été acquis.

 

Une culture de guerre se répand – avec des parades militaires, des visites de l’armée dans les écoles, l’utilisation toujours croissante d’un langage nationaliste et militariste – qui considère l’option militaire comme normale ou plutôt juste ou même héroïque. De cette manière, un processus de normalisation de la guerre se produit. Ceux qui, comme nous, vivent en Occident, loin des zones de conflit, ne voient pas la souffrance des autres, le martyr de populations entières, et la conscience des responsabilités politiques des pouvoirs occidentaux pour provoquer des guerres est presque inexistante.

 

Nos pratiques

 

Dans cette phase de nos activités politiques, nous avons pris conscience que nous ne pouvions pas nous consacrer uniquement aux matières et pratiques que nous avons suivies jusqu’ici. Au lieu de cela, nous devons nous occuper de notre propre pays avec des femmes d’autres associations et collectifs. En bref, nous avons réalisé que notre propre pays est devenu comme « les endroits difficiles » sur lesquels nous nous sommes concentrées pendant toutes ces années. Malgré les difficultés de la situation économique et politique actuelle, malgré la crise des mouvements de paix, et conscientes des limites de notre propre réseau, nous continuons à prendre la réalité dans laquelle nous vivons, comme le point de départ dans lequel nous enracinons nos actions. Notre pratique politique est basée en commençant par nous-mêmes et dans la relecture de nos expériences, en les comparant et en les faisant contraster avec des femmes dans notre groupe et dans notre réseau, y compris en réfléchissant sur des textes que nous avons lus ensemble. Nous cherchons à développer une pensée libre qui naisse du désir de chaque femme de s’exprimer et de sortir de l’insignifiance qu’on lui a imposé.   

Ainsi que des vigies régulières avec des tracts, nous organisons des rencontres dans des écoles ou des rencontres publiques pour nous exprimer, fournir de l’information et une vision alternative, particulièrement par des témoignages directs. Nous essayons de reprendre ces activités pour parler de ce qui devient de plus en plus limité, et donnons une voix à des femmes qui militent en faveur de la paix. Nous essayons de monter des réseaux et un travail partagé par d’autres organisations et groupes, en particulier, des groupes de femmes, mais aussi des groupes mixtes avec lesquels nous partageons en partie ou en général les objectifs.

De cette manière, des relations et des échanges  importants et durables sont créés, comme les relations avec les femmes de Vicenza qui ont lutté pendant des années contre la construction d’une nouvelle base militaire, ou celles avec des femmes et des hommes qui à Naples et dans la zone environnante luttent contre la dévastation de leur territoire (et de leur santé) imposée (par des moyens militaires) par une gestion illégale et dépourvue de sens des déchets produits dans la moitié de l’Italie, ou le mouvement à Novara contre la production des bombardiers F36.

Les thèmes sur lesquels nous travaillons : nous protestons contre l’augmentation des dépenses militaires, l’industrie de guerre, les missions militaires présentées comme des interventions humanitaires ou des missions de paix, le recours continuel à des solutions militaires dans des conflits (actuellement la Libye), la militarisation du territoire, les politiques de « sécurité », le refus de l’entrée aux migrants qui essaient d’atteindre notre pays et la réduction du problème des migrants à une question d’ordre public. Nous nous exprimons contre la violence contre les femmes, et nous réfléchissons sur le langage, exposant le danger du langage sexiste. Nous essayons d’être responsables et de nous soucier de notre monde avec la défense de l’environnement et des biens communs, refusant l’utilisation de la technologie nucléaire (civile ou militaire) et disant NON A LA GUERRE et NON AU NEOLIBERALISME . 


Femmes en Noir Italie


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Dimanche 1 avril 2012 7 01 /04 /Avr /2012 18:02

Par femmes de paix

vendredi 30 mars 2012, par La Rédaction

Un Palestinien a été tué et plus de 50 ont été blessés vendredi dans des heurts avec les forces israéliennes lors de manifestations de milliers de personnes à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est à l’occasion de la "Journée de la terre".

Mahmoud Zaqout, 20 ans, a été tué par des tirs israéliens près de Beit Hanoun, dans le nord de la bande de Gaza, à proximité de la frontière avec Israël, a affirmé dans un communiqué Adham Abou Selmiya, porte-parole des services d’urgences.

Interrogée, l’armée israélienne a indiqué que des soldats avaient ouvert le feu, après des tirs de sommation, sur un groupe de Palestiniens qui se rapprochaient "dangereusement" du terminal frontalier d’Erez.

En outre, "37 autres Palestiniens ont été blessés à l’est de Beit Hanoun et de Khan Younès", dans le sud du territoire, dans la zone frontalière, selon la même source.

En Cisjordanie sous bouclage militaire pour 24 heures, les heurts entre jeunes lanceurs de pierres et soldats israéliens tirant balles caoutchoutées et grenades assourdissantes ont éclaté en début d’après-midi au barrage de Qalandia, qui commande l’accès à Jérusalem.

Un millier de personnes ont marché vers le barrage, avec des drapeaux palestiniens et des mouvements palestiniens, selon un correspondant de l’AFP sur place.

A Qalandia, 194 personnes ont été soignées, en grande majorité après inhalation de gaz lacrymogènes ou de liquides chimiques nauséabonds pulvérisés par les militaires israéliens, sept étant hospitalisées pour blessures par balles caoutchoutées, a affirmé à l’AFP le porte-parole du Croissant-Rouge palestinien, Mohammad Ayad.

A Jérusalem-Est occupé et annexé, 19 ont été hospitalisées pour blessures, dont le responsable local du Fatah, le mouvement du président Mahmoud Abbas, Omar Chalabi, touché par balle caoutchoutée, a-t-il ajouté.

A Bethléem, dans le sud de la Cisjordanie, 11 personnes ont été hospitalisées, dont un homme de 20 ans dans un état grave après avoir reçu une cartouche de gaz dans la tête, selon la même source.

Près de Naplouse (nord), un millier de Palestiniens ont défilé à Kafr Qaddoum, en secteur décrété zone militaire fermée par l’armée israélienne. 500 autres ont manifesté à Iraq Burin, en direction de la colonie juive de Bracha.

Les heurts ont fait quatre blessés par balles caoutchoutées à Kafr Qaddoum et un à Iraq Burin, selon le Croissant-Rouge.

A Jérusalem-Est, où l’accès à l’esplanade des Mosquées était réservé aux Palestiniens âgés de plus de 40 ans et détenteurs d’une carte de résidence délivrée par Israël, la police israélienne a annoncé l’arrestation de 34 personnes.

En Jordanie, un sit-in a réuni plus de 15.000 personnes, y compris des membres de l’opposition islamiste et des syndicalistes, à Kafreïn, près de la mer Morte, à environ 1,5 km de la frontière.

Agitant des drapeaux palestiniens et jordaniens, les manifestants ont brandi des pancartes proclamant "Liberté pour Jérusalem et liberté pour la Palestine" et scandé des slogans contre le traité de paix jordano-israélien de 1994.

Plusieurs milliers d’Arabes israéliens ont également défilé à Deïr Hanna, dans le nord d’Israël, brandissant des drapeaux palestiniens et des photos des six tués de cette communauté, dont la "Journée de la terre" commémore la mort en 1976 lors de manifestations contre la confiscation de terrains par les autorités israéliennes.

Dans le sud du Liban, près de la frontière israélienne, des centaines de Libanais et de réfugiés palestiniens ont manifesté sous haute surveillance des forces de sécurité.

Des manifestants ont brandi des drapeaux palestiniens et du Hezbollah libanais.

A Damas, des centaines de Syriens scandé : "Nous reviendrons en Palestine, nous promettons à tous les morts et à tous les martyrs arabes que nous arrivons à Jérusalem", ainsi que des slogans de soutien au président syrien contesté Bachar al-Assad.

(30 mars 2012 - Avec les agences de presse)

http://www.aloufok.net


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Dimanche 1 avril 2012 7 01 /04 /Avr /2012 18:00

Par femmes de paix

C’est ce que la prisonnière semble avoir "accepté" après "négociations" avec les autorités palestiniennes, annonce l’agence de presse palestinienne Maan.

A son 43ème jour de grève de la faim, alors que le pronostic vital est particulièrement critique, Hana Shalabi aurait accepté de cesser sa grève de la faim contre une libération, assortie d’une déportation d’une durée de 3 ans dans la bande de Gaza, alors qu’elle est de la région de Jénine en Cisjordanie.

Un "deal" sordide, bien entendu, mais pourquoi Israël se gênerait puisqu’il a tous les droits, et qu’aucun gouvernement, aucune institution internationale ne proteste.

Hana Shalabi, comme Adnan Khader ont protesté de manière héroïque, au péril de leur vie, contre la "détention administrative" (régime d’incarcération à durée indéterminée, sans charge ni procès), qui est inimaginable dans tout pays un tant soit peu démocratique.

Mais nos gouvernements, donneurs de leçons de démocratie à coups de bombardements quand ça les arrange, ne bronchent pas devant ces procédés dignes des pires régimes dictatoriaux.

Les Palestiniens sont seuls, ils nous lancent des appels au secours pathétiques. Ils savent qu’ils n’ont rien à attendre des politiciens. C’est à nous, société civile internationale, qu’ils s’adressent.


CAPJPO-EuroPalestine


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